Présentation de l’atelier
Depuis 2013, Marseille connaît un rayonnement culturel sans précédent. La ville demeure pourtant un terrain fertile aux stratégies d’autopromotion et à la débrouille : DIY (fais-le toi-même) et dynamiques para-institutionnelles sonnent comme une initiation post-scolaire pour les jeunes artistes. Ces phénomènes, s’ils ne sont pas nouveaux, semblent dans ce contexte pallier une carence en matière d’opportunités et de diffusion spécifiques à Marseille. Forcé·es à se plier à toute une série de compromis pour donner à voir leur travail, étoffer leur portfolio et répondre à des appels à candidature, les jeunes artistes inventent des systèmes autonomes d’exposition, en marge des lieux dédiés à l’art.
Objectifs ? Court-circuiter l’invisibilisation, créer des espaces éphémères de socialisation et, surtout, éviter de subir l’écrémage qui guette à la sortie de l’école. À rebours des systèmes concurrentiels et protocolaires, ces pratiques impactent autant les manières de se rassembler, de produire, de diffuser que d’archiver.
Partant d’un panorama subjectif et d’une parole située, ces recherches n’ont pas vocation à romantiser le travail gratuit et la débrouille. Axée sur Marseille, l’étude tente plutôt d’esquisser les modalités et les limites d’une scène émergente qui aspire à se définir par elle-même.
À propos de l'intervenante
Alexia Abed est critique et commissaire indépendante, membre de l’AICA et diplômée du Master Recherche en Histoire de l’art contemporain (AMU). En 2021, elle co-fonde mastic une association qui rassemble quinze travailleur·ses de l’art émergent·es et qui a récemment inauguré un espace autogéré accueillant une trentaine de résident·es à Marseille. Elle rejoint, en parallèle, différents collectifs qui œuvrent à analyser et soutenir la scène artistique contemporaine : Pôle Emploi Fictif, Contemporaines et Jeunes Critiques d’Art. La notion de collectif est partie intégrante de sa pratique. Son travail critique, à la fois scientifique et empirique, se positionne radicalement contre les systèmes concurrentiels et les conditions de travail précarisantes. Se refusant à une parole surplombante, elle tente de co-fabriquer des modèles et des récits alternatifs. Elle a écrit, entre autres, pour The Art Newspapers, Manifesto XXI, le CNAP, BAM Project, Fræme, La Friche Belle de mai, Le Fonds Carta, Double V Galerie, Galerie 33, Figure Figure et Point Contemporain. Elle est, par ailleurs, intervenue à l’Esaaix, aux Beaux-Arts de Marseille, aux Beaux-Arts de Pau et à Artagon Pantin.
Contact et renseignements pour Artagon Marseille
hellomarseille@artagon.org